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Mai 2013 Vous l’avez sans doute remarqué, on ne parle pratiquement plus de Chypre. Je veux bien qu’elle ne pèse pas lourd dans la zone Euro, mais la partie grecque de l’île avait demandé 17 milliards d’euros à notre communauté monétaire. Surtout, grande première : on allait ponctionner tous les comptes, puis « seulement » ceux de plus de 100 000 euros.
Quelques jours plus tard, suite à une erreur de calcul sans doute, on arrivait à 3,5 milliards – 6, 5 milliards de plus, une paille ! Et puis c’est tout ! Dans quelles conditions se passe la liquidation des banques concernées ? Qu’en est-il des pertes encourues par leurs clients ? Silence complet ! On aimerait quand même bien savoir, d’autant que l’on commence à parler maintenant des problèmes de la Slovénie. Pendant ce temps-là, les écarts s'agrandissent entre les pays les plus « vertueux » de la zone euro ou de l’UE qui arrivent à poursuivre une croissance, certes molle, et à cantonner le problème du chômage, et la majorité qui s’enfoncent dans la crise. Leur croissance est nulle, lorsqu’elle n’est pas négative comme l’on dit par euphémisme, et le nombre de personnes sans activité, au moins officielle, atteint des sommets dignes de l’Himalaya (plus de 27% en Espagne et en Grèce, tandis que la pente française devient savonneuse). Des mesures à moyen et long terme Alors, que faire ? La solution ne vient pas que de France, on le voit bien. D’abord quel modèle économique pour l’avenir ? Certes, la population mondiale augmente et avec elle l’espérance de progression mécanique de la croissance, mais elle tend aussi à vieillir dans beaucoup de pays, ce qui pèse dans l’autre sens. D’autre part, les Etats les plus développés ont forcément des potentialités de développement du PIB limitées. Il convient donc de s’adapter à cette évolution.
D’une manière plus prosaïque et surtout plus immédiate, il faut s’attaquer avec nos partenaires aux problèmes posés par notre zone monétaire, dont on voit bien qu’elle entraîne des contraintes qui deviennent explosives. Le concept de monnaie unique doit être débattu et son abandon, au moins temporaire dans certains des pays adhérents, évoquée comme une des pistes de sortie d’une crise profonde. Toutes les cartes doivent être posées sur la table et rebattues. On n’a pas l’impression d’aller dans ce sens. Bien entendu, les mesures prises par notre gouvernement ne sont pas forcément toujours les plus appropriées, c’est certain, mais d’autres dirigeants ne pourraient pas faire beaucoup mieux, dans le cadre très rigide imposé par l’Union européenne, et surtout la zone Euro. Dans ce contexte, on comprend que ceux qui le peuvent tentent, plus que jamais, de trouver des relais de croissance hors de France, voire d’Europe.
Alain Gazo, Directeur de la rédaction
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