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Éditorial

Gilets jaunes : et que vogue la galère !

Le temps a été mouvementé depuis mon dernier éditorial ! On est passé en trois semaines d'une politique de l'offre à une politique – forcée – de demande. Tandis que les Italiens ont accepté de réduire leur déficit bugétaire annuel prévu à 2 %, au lieu de 2,4 %, que les Espagnols discutent en interne entre les limites de 1,3 % et 1,8 %, nous prévoyons en France un solde à -3,2 % du PIB en 2019 ! Cela, tandis que notre dette globale approche les 100 % ! Et tout cela, avec la bénédiction de Bruxelles !Paris vaut bien une messe, aurait dit Henri IV. La « Commission » paraît signifier que de bonnes élections européennes valent bien des déficits hors des clous. On verra après !Ce laxisme budgétaire a été imposé par des gilets jaunes aux revendications hétéroclites, dont les médias télévisuels ne retiennent que celles qui leur semblent les plus faciles à assouvir. Fallait-il céder sous cette forme ? Je n'en suis pas sûr. En tout cas, c'est fait. Et on va avoir maintenant les cahiers de doléances ainsi que le « grand débat national ». En France, tout semble décidément toujours tourner autour de la révolution de 1789 et des prémices de la Deuxième Guerre mondiale, alors que, bien entendu, l’Histoire ne se reproduit jamais à l’identique.Quoi qu’il en soit, il me semble que le pouvoir exécutif devrait se garder d’une démagogie excessive, et ne pas accentuer le trait pour susciter, par exemple, des listes « gilets jaunes » aux élections européennes, afin de capter des voix aux « extrêmes ».Il faut certainement plus de démocratie directe, et surtout modifier à mon sens la loi électorale afin de rendre l'Assemblée nationale plus représentative. Mais, attention aux excès des revendications portées par certains manifestants, mais aussi des citoyens « tranquilles » dans nos communes, concernant une volonté de cogérer les collectivités voire avec l’Etat, avec les élus. Elu local moi-même, je me rends compte de ces dérives. Les dossiers sont souvent extrêmement complexes. Alors concertation oui, cogestion non. Malheureusement, le pouvoir exécutif, un temps excessivement donneur de leçons, semble devenu fragile et porté à toutes les concessions, enfin presque toutes, sauf peut-être là où il le faudrait, car les futures « assemblées de citoyens » (soviets en russe je crois) sont censées être quand même cadrées.
Une politique de la demande
Les gilets jaunes ont permis certes des augmentations de rémunération – quand même très modérées – et l'annulation de quelques hausses de taxes (carburants, retraites modestes). Tout cela cumulé aux baisses de cotisations sociales déjà prévues sur les salaires (Sécurité sociale) ou anticipées (heures supplémentaires), va vraisemblablement doper quelque peu la consommation, donc le PIB, tout en alourdissant nos importations, probable revers de la médaille.Beaucoup d’incertitudes donc en ce début d’année sur le plan politique et macro-économique. D’autant que les marchés financiers bougent et que l’affaire du Brexit n’est toujours pas réglée.
Sur ce point, je fais le pari que la date de sortie sera repoussée de plusieurs mois, tant l’accord de l’UE - Royaume-Uni semble déséquilibré.Dans ce contexte, les patrons d’entreprises, particulièrement de PME-PMI, continuent et continueront avec abnégation de chercher de nouveaux marchés, y compris à l’international, ainsi que des moyens supplémentaires de rationaliser leurs process.
Bonne année à tous et à toutes.

 Alain Gazo

directeur de la rédaction