Voyons au-delà de l’horizon bouché
Au moment où j’écris ces lignes, l’incertitude règne sur la suite du conflit au Moyen Orient. On peut penser que les intérêts économiques de plusieurs puissances ou encore les échéances électorales du président des Etats-Unis devraient contribuer à réduire assez vite les tensions.
Il semble bien que ce conflit ait été déclenché suite à l’euphorie créée chez les dirigeants américains par l’enlèvement « réussi » du président Maduro - enlèvement au prix d’une centaine de morts cubains et vénézuéliens quand même.
Ils pensaient réitérer peu ou prou cet exploit, cette fois en faisant passer de vie à trépas les principaux dirigeants iraniens. Le calcul était apparemment erroné.
Du coup, que faire ? Persévérer en entamant une guerre au sol, comme c’est déjà le cas au Liban ? Ou faire comme si on avait déjà gagné et arrêter les frais, en raison d’un début de catastrophe économique mondiale ?
Le retour de la cagnotte virtuelle
En France, et aussi il est vrai dans d’autres pays européens, beaucoup demandent le retour du « quoi qu’il en coûte » à la faveur de la relative amélioration de nos finances l’an passé. Il est vrai que certaines professions – transporteurs, routiers, pêcheurs, agriculteurs – sont très impactées et qu’il faut les aider. Mais le gouvernement, me semble-t-il, a raison de tempérer les ardeurs poussant à rouvrir le chéquier en grand et de seulement prendre des mesures de soutien limitées dans le temps.
Dans ce contexte, que font nos chefs d’entreprise ? Ils s’adaptent une fois de plus et voient parfois le bon côté des choses comme notre compagnie nationale de référence, qui bénéficie des déboires de ses consoeurs du Moyen Orient, ou encore les chaînes hôtelières et autres établissements d’hébergement en France ou en Europe. Les voyageurs se montrent, en effet, timorés pour les voyages au long cours ou tout simplement dans l’incapacité de trouver des vols.
Il faut cependant voir à plus long terme. La guerre au Moyen Orient connaîtra au moins une pause assez rapidement, en tout cas on peut l’espérer. Et donc une éclaircie économique apparaîtra.
A cet égard, le dernier rapport de la Direction Générale du Trésor démontre une hausse assez sensible du nombre de nos entreprises exportatrices. C’est une bonne chose. L’aéronautique et son écosystème tirent nos exportations. L’agro-alimentaire, pris au sens large, demeure porteur, mais sans doute moins que par le passé.
Nos entrepreneurs doivent prendre en main leur destin en dépit d’un horizon quelque peu bouché pour le moment.
Bon courage à toutes et à tous.
Alain Gazo
Directeur de la rédaction


