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Télétravail et désengagement : un lien clair

SFL, spécialiste de l’immobilier tertiaire haut de gamme parisien, a fait réaliser par l’Ifop une étude sur les motivations d’engagement des salariés. Comme d’habitude, elle présente certains biais, de nature à aller dans le sens de l’intérêt du donneur d’ordre. Néanmoins, on peut en tirer des enseignements intéressants.

Précisons tout d’abord que l’enquête a été menée « auprès d’un échantillon de 1303 salariés franciliens travaillant dans un bureau au sein d’entreprises comptant plus de 10 salariés, cela du 16 mai au 4 juin 2025 ». Les statisticiens ont divisé l’échantillon en trois groupes, après une analyse de contenu préalable : les super-engagés (38% du total), les neutres (40%) et les désengagés (22%).

Cinq variables ont été mesurées à chaque fois : l’auto-évaluation de leur niveau d’engagement au travail, leur motivation, l’attachement à leur entreprise, l’importance pour eux de la réussite de cette dernière, trouver normal « de fournir davantage d’efforts que ne l’exige son poste ». On l’a dit, l’étude est forcément pro domo, mais les résultats constatés correspondent à ce à quoi on pouvait s’attendre concernant les désengagés.44% des salariés qui souhaitent quatre à cinq jours de télétravail hebdomadaire sont des désengagés, 14,5% d’entre eux seulement ne veulent qu’un jour de télétravail au plus. Certes, 46% se déclarent plus efficaces en télétravail mais ils sont, à forte proportion, complètement déconnectés de leurs collègues et du coup « se retrouvent isolés au sein de leur entreprise ». Ils participent rarement à des activités communes, à commencer par le partage de moments de convivialité, du type boire un verre après le travail - 52% le font rarement ou jamais.

Des désengagés par essence

Sont-ils désengagés du fait du télétravail ou le sont-ils de base ? Toujours est-il que cela a des conséquences : 71% d’entre sont des détracteurs de leur employeur et 42% projettent de le quitter dans les deux ans. Peut-être que le patron n’y perdrait rien ! Cela dit, il n’est pas souvent facile de recruter, on a intérêt à faire attention.

Voyons le côté des super-engagés maintenant. Selon l’étude, leur attention proviendrait d’abord d’un bon relationnel avec leur manager qui sait par exemple les féliciter, reconnaît leur droit à l’erreur, s’avèrent consultés avant qu’une décision soit prise… Mais, voilà, c’est sûrement parce qu’ils sont moins en télétravail, lequel crée fatalement une distance. Dès lors, l’augmentation potentielle de salaire en changeant d’employeur a moins d’impact sur ces super-engagés jusqu’à un certain point bien sûr. 23% des super- engagés - c’est quand même beaucoup ‒ seraient prêt à quitter leur entreprise pour 5% de hausse salariale contre 43% chez les désengagés.