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Commerce extérieur 2025 : l’aérospatial en forme, l’agroalimentaire timide

Aéronautique : un excédent record

Nos échanges de biens ont continué d’être fortement déficitaires en 2025. Cependant, notre déficit annuel est passé légèrement sous la barre des 70 milliards d’euros, soit environ 10 milliards de moins qu’en 2024, des chiffres toutefois toujours notablement supérieurs à ceux d’avant covid. La diminution du solde négatif l’an dernier est intégralement dûe au recul en valeur de nos importations énergétiques (gaz, pétrole). Le bilan qualitatif global est cependant contrasté.

Nos exportations de biens ont augmenté de 2,5 % en 2025, davantage que nos importations (+0,7%). Notons que le solde du matériel militaire a progressé de 2 milliards d’euros à 6,7 milliards. Nos ventes augmentent dans un marché dynamique, alors que nos achats diminuent. Hors énergie et matériel militaire, notre solde commercial s’est dégradé de 3,1 milliards d’euros à -46,4 milliards. Sectoriellement, les résultats sont très contrastés.

On n’entend plus beaucoup chanter le coq et on ne le voit plus sur les terrains du Tournoi des 6 Nations. Un cocorico ici pour quatre secteurs où nous nous montrons très performants, et où nous nous situons parmi les trois premiers exportateurs au monde : les boissons n° 1 avec +13,9% de PDM, les parfums et cosmétiques (n° 1 également avec 14,9%), le cuir et la bagagerie (n° 2 avec 12,2 %, derrière le géant américain qui arrive à 42,3%).

L’excédent du solde des services demeure , quant à lui, à de hauts niveaux, (55,5 milliards d’euros) quoiqu’en recul sensible de quasiment 13 milliards sur 2024. Heureusement, l’excédent des services de voyages (tourisme) bat lui, un record avec un solde positif de 20,1 milliards.

 

Davantage d’entreprises exportatrices en 2025

Le nombre d’entreprises exportatrices en France a notablement augmenté depuis les années 2010 où il plafonnait autour de 110 000, pour atteindre 152 500 au troisième trimestre 2025 selon les Douanes. Notons cependant que cette hausse est essentiellement le fait des entreprises non-résidentes, dont la part est désormais de 19% du total.

Les PME de moins de 250 salariés représentent 98,6 % de l’ensemble. Cependant, elles ne sont à l’origine, selon Eurostat, que de 23% de la valeur de nos exportations en 2024 (77% pour les grandes entreprises et les ETI).

Du côté des IDE entrantes, toujours de bonnes nouvelles, puisque pour la sixième année consécutive en 2024, notre pays est en Europe celui qui a accueilli le plus d’investissements étrangers, le flux étant soutenu.

Le nombre moyen d’emplois créés par projet est cependant plus faible que chez nos voisins (30 contre 48 en Allemagne et au Royaume-Uni, ou encore 125 en Espagne). Du reste, 63% des IDE — ceci expliquant cela, correspondent à des extensions de sites existants. C’est l’inverse au Royaume- Uni ou en Allemagne. Le stock d’IDE à fin 2024 s’élevait à 931 milliards d’euros. Les USA en détiennent 16,9 %, devant la Suisse (12,4%), le Royaume-Uni (10,8%) et l’Allemagne (12,7%). Ce sont les industries manufacturières — notamment chimique, alimentaire et pharmaceutique ; l’immobilier, et enfin les actifs financiers ou encore l’assurance qui attirent le plus les capitaux étrangers (respectivement 31,5% du stock, 19 % et 16 %).

Notons qu’en 2024, la performance de la France en matière de flux, étale après une année 2022 exceptionnelle, est excellente, puisque le flux d’IDE mondiaux s’était alors contracté de 11% selon les données publiées par la Cnuced. En 2025, les flux entrants en France, dont nous ne connaissons pas encore les chiffres définitifs, auraient été encore en hausse sensible.