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Flottes : marché en baisse, hausse de l’électrique

Le marché automobile général n’est pas fameux. Et celui des flottes ne l’est pas non plus. En 2025, remarque Philippe Quétaud, directeur des ventes spéciales flottes et ventes directes entreprises de Renault, ce marché des flottes a fait moins bien que le global (- 11,9% et -5,5% respectivement). Qu’est-ce qui a plombé l’ambiance ? « Bien entendu, la situation économique et celle des entreprises, mais tout d’abord les décisions fiscales et l’incertitude les entourant », estime Philippe Quétaud. Les avantages des collaborateurs ont été en particulier en ligne de mire, avec une augmentation des charges corrélatives et une imposition alourdie. « Nous avons avant tout espoir en une stabilisation des normes en place », reprend de son côté François Larher, responsable des ventes entreprises et VO de Audi, en particulier quant aux avantages des collaborateurs ».

A ce jour, il se félicite de ce qu’a priori, nous ne connaîtrons pas de grands bouleversements en 2026. Pas de bouleversements certes, mais la poursuite de l’aggravation des dispositions arrêtées précédemment. En tout premier lieu, les « sanctions » sur le CO2, avec des seuils abaissés de 5 g en 2026. Le malus impacte donc potentiellement plus de véhicules. La TAVT (ancienne TVS) suit le même chemin, avec là encore un seuil descendu de 5 g. Il ne faut pas oublier la TAI, obligeant les entreprises dont les flottes comptent plus de 100 véhicules, à payer une taxe de 4000 euros par voiture thermique au-dessus d’un seuil de 82% (et non plus 85%) du total. Donc, il faut au minimum 18 % de véhicules électriques, d’où la course au verdissement des parcs.

Globalement c’est donc cap vers l’électrique ! « Nos SUV Q6 et Q4 électriques, un Q4 qui va être prochainement elifté, font un carton », s’enthousiasme François Larher chez Audi.

Le « full electric » a concerné 24 % des ventes en flottes en 2025, alors que l’essence est tombée à 16,3% et le diesel à 3%. L’hybride non rechargeable (20%) a été dépassé par le pur électrique, ainsi que l’hybride rechargeable, tombé à 1% seulement, car jugé moins pratique. Malgré cette percée de l’électrique, Renault reste sur une stratégie « reposant sur deux jambes, le pur électrique et l’hybride non rechargeable », cela même si le nombre de ses modèles full électrique augmente.

Misant toujours sur « une stratégie de valeur » c’est-à-dire en ne faisant pas la course au volume, Renault s’est cependant bien maintenu l’an dernier dans un marché baissier, ce qui lui a permis d’engranger 2,8 points de parts de marché, en atteignant ainsi 20,8 % de taux de pénétration, étant ainsi clairement numéro un dans les flottes.

Renault conserve également sa position de numéro un dans les VU, avec 28,2% de taux de pénétration. Là encore, regrettent les représentants des constructeurs, en particulier Philippe Quétaud.

Quelle stratégie pour 2026 ? « Le tout électrique », car Renault veut « tenir ses VR et ne pas faire d’actions tactiques », énonce Philippe Quétaud. Son offre « pur électrique » va encore s’étoffer, avec l’arrivée de la nouvelle Twingo en juin, après la R5 introduite à l’automne 2024, premier véhicule électrique vendu en France en 2025 et la R4, également électrique ,au printemps dernier.

La Clio VI vient d’arriver dans le segment B, avec des versions hybride E-Tech et thermique.

Prestataires : une foultitude d’intervenants

Dans un monde où les géants dominent, de petits poucets de la longue durée trouvent leur place. C’est le cas de Flease, qui propose un outil de gestion de flottes accolé à une location flexible dans la durée et une prise en charge de bout en bout, y compris au moment de la restitution- souvent un casse-tête qui se traduit par des frais de remise en état parfois exorbitants.

SuiviDeFlotte, PME tourangelle fondée il y a vingt ans environ, propose une solution de géolocalisation, adaptable dans les véhicules déjà équipés par les constructeurs ou de boîtiers installés ad hoc. SuiviDeFlotte propose également un outil de gestion de parcs qui peut lui être couplé, avec le bénéfice pour le client d’être suivi par le même interlocuteur.

Du côté des outils de paiement, originellement appelés les cartes carburant, la compétition est également rude. Les enjeux sont moins de payer que d’obtenir de bons tarifs de carburant, de stations où faire le plein ou de recharger ses batteries. Et aussi de gérer toutes ces dépenses d’une manière efficace, en obtenant des déductions fiscales accessibles, ce qui nécessite d’éditer les documents demandés.